Pour une histoire de couche !

Chère Maîtresse,

Tu es jeune, dynamique et d’habitude je t’aime bien, mais aujourd’hui tu t’es permis une réflexion des plus désagréables à peine la porte de la classe franchie (alors qu’en dehors du bonjour Maxi ne t’avait rien demandé) Je n’ai pas retenu les termes exacts mais en gros, tu en a marre de changer des couches. Figure toi que moi aussi, mais ta volonté comme la mienne ne changera rien à la position de Mini face à la continence. Tu as même continué en demandant si à la maison on lui ôtait ses couches, Maxi t’as dit que non, et que Mini réclame une couche dès qu’il est à poils, tu as répondu que c’est pas lui qui commande mais c’est nous. Donc, en plus d’avoir un enfant chiant en couche, nous sommes des parents défaillants ! Tu sais comment mettre de bonne humeur pour la journée !

Alors, laisse moi t’expliquer comment, après s’être fait pisser sur le carrelage, sur le parquet, sur le canapé, sur le fauteuil, sur le meuble télé, sur le lit, sur le banc, sur les pieds et plus généralement sur le sol, on a décidé que non, on allait pas insister en laissant Mini se promener la nouille à l’air vu que ça n’avait aucun impact sur lui. J’ajouterai que les peintures rupestres au caca, la première fois tu te dis que cet enfant a un sens artistique très spécial et après tu veux juste le balancer par la fenêtre. Donc oui, Mini a des couches, tout le temps. enfin des couches, soyons précis, des culottes d’apprentissage. En quoi est ce important ? Et bien ça l’est car je ne t’ai jamais demandé de changer les couches de Mini. Il ne va à l’école que 3 heures, et il peut parfaitement rester dans la même couche tout ce temps. Il peut même lui arriver de ne pas faire pipi dans cet intervalle de temps. Mais, en parents responsables, nous mettons dans son sac un sous-vêtement jetable de remplacement au cas où, une fuite, un caca collant (glam) ou autre surviendrait. Comme tout parent en somme, qui met dans le sac de son enfant continent un sous-vêtement lavable de rechange.

couche

l’objet du délit

Pourquoi cette réflexion m’énerve particulièrement aujourd’hui ? Facile. Nous nous sommes rencontrées, toi, moi et la directrice, la semaine dernière pour que vous me disiez très clairement que Mini perturbait sa classe et n’y était plus vraiment le bienvenu. Je comprends, il tape, très fort, et je suis d’accord qu’il faut qu’il arrête. Je sais aussi qu’il doit cesser de se promener partout dans l’école et oui une AVS est nécessaire. Vous engagez les démarches. Super, mais sans Mini à l’école. Pour que ça se passe en douceur, on mettra ça en place après les vacances. OK. C’est pas facile à entendre que son enfant n’est pas « normal » et ne s’adapte pas. C’est pas facile à entendre que son enfant est marginal et qu’on en veut plus. C’est très dur à entendre que son enfant n’ira quasiment plus à l’école alors que ça lui fait un bien fou. Oui, malgré tout Mini adore l’école (et sa maîtresse) il y fait des tas de choses qui engendrent des tas de progrès. Tous les jours à midi, il me dit « c’est bien l’école » (jugement de valeur impossible à avoir jusqu’à présent) avant de me dire s’il a fait de la peinture en vérifiant sur ses doigts sales. Il s’inscrit dans de nouveaux automatismes à l’école et a un vocabulaire tellement plus étoffé. Ce mois d’école lui a permis tellement de choses, alors qu’on y croyait pas. On a même essayé de faire les parents modèles : on signe consciencieusement chaque mots dans le cahier, on participe aux réunions, on apporte le goûter et on achète des viennoiseries qui financeront des activités auxquelles notre fils ne participera pas.

Alors non maîtresse, c’est pas une bonne idée de venir nous faire des réflexions à 2 jours de la fin de l’école pour Mini !

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